Après un service éprouvant, une infirmière épuisée monta par erreur dans la voiture du cheikh le plus dangereux et s’endormit sur la banquette arrière.

# Après une garde épuisante, une infirmière monta par erreur dans la voiture du cheikh le plus dangereux et s’endormit sur la banquette arrière…

Leïla n’avait plus la force de réfléchir. Après une garde interminable à l’hôpital, ses jambes lui faisaient mal, ses yeux se fermaient tout seuls et son esprit réclamait désespérément quelques heures de sommeil. Elle voulait simplement rentrer chez elle, prendre une douche chaude et s’effondrer dans son lit.

Mais ce soir-là, une simple erreur allait bouleverser sa vie.

En sortant de l’hôpital, elle aperçut une voiture noire aux vitres teintées garée près du trottoir. Elle ressemblait exactement au véhicule qui l’avait déposée quelques jours plus tôt. Sans vérifier la plaque d’immatriculation, Leïla ouvrit la portière arrière, se glissa à l’intérieur et posa sa tête contre le siège en cuir.

L’habitacle était silencieux, frais et imprégné d’un parfum boisé coûteux. Leïla ferma les yeux, persuadée qu’elle n’avait besoin que de quelques secondes de repos.

Quelques instants plus tard, elle dormait profondément.

Lorsqu’elle se réveilla, elle ne savait pas combien de temps s’était écoulé. Elle entendit une voix grave à l’avant du véhicule. Un homme parlait en arabe, d’un ton calme, mais chaque mot semblait porter une autorité incontestable.

— Emmène-la à la résidence de campagne, ordonna-t-il à son chauffeur. Je veux savoir qui elle est avant demain matin.

Leïla se figea.

Elle comprenait parfaitement l’arabe.

— Et si elle se réveille ? demanda le chauffeur.

Un bref silence suivit.

— Alors, explique-lui qu’elle n’aurait jamais dû monter dans ma voiture.

Le sang de Leïla se glaça. Elle tourna lentement la tête vers la vitre. La voiture roulait déjà sur une route qu’elle ne reconnaissait pas.

À travers la séparation entre les sièges, elle aperçut le profil de l’homme assis à l’avant. Costume sombre parfaitement ajusté, montre luxueuse, mâchoire ferme et regard glacial : tout chez lui respirait le pouvoir.

Elle reconnut soudain son visage.

Cheikh Karim al-Hadid.

Son nom apparaissait régulièrement dans les journaux économiques et les rumeurs circulaient à son sujet dans toute la ville. On le disait immensément riche, impitoyable en affaires et entouré d’hommes capables de faire disparaître les problèmes avant même qu’ils ne deviennent publics.

Certaines histoires affirmaient qu’il avait déjà été marié trois fois. D’autres prétendaient que personne ne pouvait lui refuser quoi que ce soit sans en subir les conséquences.

Et Leïla venait de s’endormir dans sa voiture.

Elle se redressa brusquement.

— Arrêtez la voiture !

Le chauffeur sursauta et jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. Karim, lui, ne bougea pas immédiatement. Il tourna simplement la tête, comme si la présence de la jeune femme ne le surprenait pas autant qu’elle l’aurait imaginé.

— Vous êtes réveillée, constata-t-il.

— Évidemment que je suis réveillée ! Où m’emmenez-vous ? demanda-t-elle, la voix tremblante de colère. Je ne vous connais pas. Je suis montée dans la mauvaise voiture. Faites-moi descendre !

Karim l’observa longuement.

— Vous avez dormi pendant près de vingt minutes dans mon véhicule sans même vérifier où vous étiez.

— J’étais épuisée ! Je travaille à l’hôpital. Je me suis trompée de voiture, voilà tout !

— Et vous pensez que cela explique tout ?

— Cela explique exactement ce qui s’est passé.

Pour la première fois, une expression presque amusée traversa le visage du cheikh.

— Vous n’avez donc pas peur de moi ?

Leïla aurait voulu répondre qu’elle n’avait peur de personne. En réalité, son cœur battait si fort qu’elle avait du mal à respirer. Pourtant, elle refusa de lui montrer sa terreur.

— Je suis surtout fatiguée de devoir expliquer à un inconnu que je veux rentrer chez moi.

Le regard de Karim se durcit.

— Vous avez entendu notre conversation ?

Leïla comprit immédiatement qu’elle venait de commettre une erreur.

— Je n’ai rien entendu.

— Vous venez de répondre trop vite.

Le chauffeur ralentit à l’approche d’un carrefour. Leïla aperçut une petite supérette éclairée au bord de la route. C’était sa seule chance.

— Arrêtez ici ! Je dois descendre !

— Ce n’est pas possible, répondit Karim.

— Vous n’avez pas le droit de me retenir !

Sans attendre sa réponse, elle attrapa la poignée. Au même instant, le véhicule ralentit suffisamment pour qu’elle ouvre la portière et saute sur le trottoir.

— Arrêtez-la ! lança le chauffeur.

Mais Karim leva la main.

— Non. Laissez-la partir.

Leïla courut jusqu’à la supérette, entra précipitamment et demanda au vendeur de la laisser utiliser son téléphone. Ses mains tremblaient tellement qu’elle eut du mal à composer le numéro d’une amie.

Lorsqu’elle se retourna vers la rue, la voiture noire avait disparu.

Elle aurait dû se sentir soulagée.

Pourtant, elle ne pouvait oublier le regard du cheikh ni la phrase qu’il avait prononcée avant son réveil. Pourquoi voulait-il l’emmener dans sa résidence ? Et pourquoi avait-il insisté pour découvrir son identité avant le lendemain matin ?

De l’autre côté de la ville, Karim était déjà en communication avec son assistant personnel.

— Je veux son nom, son adresse, son dossier professionnel et tout ce que vous pourrez trouver sur sa famille.

— Dois-je comprendre qu’elle représente une menace, Cheikh ?

Karim resta silencieux quelques secondes.

— Je ne sais pas encore ce qu’elle représente.

Il raccrocha, puis regarda par la fenêtre. Depuis des années, il avait appris à reconnaître les coïncidences dangereuses. Or, lorsque la jeune infirmière avait prononcé son nom, quelque chose dans son expression avait éveillé un souvenir qu’il croyait enfoui depuis longtemps.

Quelques heures plus tard, son assistant entra dans son bureau avec un dossier mince.

— Nous avons identifié la jeune femme. Elle s’appelle Leïla. Elle travaille dans un service hospitalier et mène une vie tout à fait ordinaire.

— Sa famille ?

L’assistant hésita.

— C’est précisément là que les choses deviennent étranges. Son nom apparaît dans un ancien dossier lié à votre famille. Un dossier qui aurait dû être détruit il y a plus de vingt ans.

Karim leva lentement les yeux.

— Êtes-vous certain ?

— Absolument, Cheikh.

Pour la première fois depuis des années, Karim sentit une inquiétude qu’il ne parvenait pas à maîtriser.

La jeune femme qui s’était endormie par erreur dans sa voiture n’était peut-être pas une inconnue.

Et si le dossier disait vrai, son arrivée pourrait révéler un secret capable de détruire tout ce qu’il avait construit.

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